L’école du spectateur : La Folle Enchère de Madame Ulrich, « une comédie du XVIIe siècle remise au goût du jour » (Marie-Lou).

jeudi 10 septembre 2020
par  B. RAMBAUX-MARKOV
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Dans le cadre de leur PACTE Théâtre, les élèves de 3eC se sont rendus à la Ferme de Bel Ebat-Théâtre de Guyancourt le 14 novembre 2019, afin d’assister à une représentation de La Folle Enchère de Madame Ulrich (1690), mise en scène par Aurore Evain et interprétée par les comédiens de la Compagnie La Subversive.

Cette comédie, la première écrite par une femme à avoir été représentée à la Comédie française, met en scène les déboires d’une dame d’âge mûr, Madame Argante, qui refuse de vieillir et s’éprend d’un « homme » beaucoup plus jeune qu’elle, devenant en réalité la dupe d’Angélique, jeune femme travestie.

Nous partageons ici, avec vous, des réactions, des émotions et des réflexions que ce spectacle a fait naître…

Ô miroirs, mes beaux miroirs…

« Le décor était sobre » (Emma Le D.), « surtout composé de miroirs. » (Yoann) « Il y en avait neuf. » (Schéhérazade) « Les comédiens pouvaient les déplacer facilement, sans bruit, se changer derrière rapidement et en sortir comme s’ils n’étaient pas partis dans les coulisses. » (Siraba) « J’ai trouvé très intéressant qu’ils soient transparents ou réfléchissants selon la lumière. » (Marie-Lou) « Les jeux de lumière permettaient de faire apparaître ou disparaître un personnage, de le faire se refléter dans un miroir ou de le dédoubler » (Yoann), car lorsque la lumière tombait juste derrière un miroir, celui-ci fonctionnait comme une vitre, avec un personnage devant et un personnage derrière, « pour créer l’illusion que le personnage qui se regardait dans le miroir n’était pas lui, mais quelqu’un d’autre. » (Siraba)

« Les miroirs peuvent servir à montrer que Madame Argante est obsédée par son apparence et qu’elle ne veut pas vieillir, comme dans Blanche-Neige. Cela peut également signifier qu’elle n’arrive pas à voir la supercherie qui se joue pourtant sous ses yeux, et qu’il ne faut pas se fier aux apparences. » (Tayseer) « Les miroirs peuvent aussi symboliser le monde à l’envers, car dans la société de l’époque, c’étaient les hommes âgés qui épousaient de jeunes femmes, et non l’inverse ». (Emma E.)

Sans contrefaçon…

« Quand Angélique chante Sans Contrefaçon, de Mylène Farmer, pour se présenter, on sait tout de suite que c’est une femme déguisée en homme. » (Emina) « J’ai beaucoup aimé les choix musicaux de cette pièce. Le fait d’utiliser des musiques modernes rendait cette comédie plus contemporaine. » (Marie-Lou) « Les costumes aussi avaient une place importante car ils permettaient le travestissement d’Angélique et du serviteur d’Eraste pour duper Madame Argante ». (Tayseer) « Et certains étaient farfelus ! On riait dès l’entrée des comédiens. » (Ahlem) « La tenue un peu extravagante de Madame Argante nous montrait qu’elle voulait rester jeune. » (Emina)

« J’ai aimé la pièce à cause de tous ses rebondissements et des doubles rôles de certains personnages. » (Yoann) « J’ai trouvé intéressant le plan mis en œuvre par les personnages. » (Ahlem) « Cette pièce est une mise en abyme pratiquement totale, du théâtre dans le théâtre, avec les miroirs et le travestissement d’Angélique et du valet. La scène où le valet joue à la fois le père et la marquise est la meilleure, je trouve. » (Marie-Lou) « J’ai aimé la pièce, car elle s’attaque à un vrai problème de société : la position de la femme, passé un certain âge. » (Tayseer)